Pourquoi l’image des YouTubeurs est autant stéréotypée à la TV ?

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Dans sa dernière vidéo, Cyril mp4 revient sur ces moments de la TV où des YouTubeurs ont été questionnés par des journalistes ou des animateurs et soulève une problématique intéressante.

C’est toujours un peu délicat pour un YouTubeur de passer à la télévision. Que ce soit dans le cadre d’un reportage, d’une interview ou d’une promo, les journalistes (ou animateurs, chroniqueurs etc…) ne parviennent toujours pas à sortir de ces vieux clichés erronés quand ils questionnent les YouTubeurs. Pourquoi refusent-ils encore aujourd’hui de voire en eux des vidéastes accomplis et talentueux qui gagnent leur vie grâce à de la création originale ? Voici quelques éléments de réponse.

Le choc des générations

L’âge moyen des 50 premiers YouTubeurs français est de 27 ans*. *En nombre d’abonnés et en excluant les chaînes musicales ainsi que les collectifs (et Lama Faché parcequ’ils n’ont rien à faire dans le classement). Le cliché de l’ado prépubère est donc à enterrer rapidement pour les prochains qui souhaitent inviter des YouTubeurs sur leurs plateaux.

Le 11 novembre 2017, Lucas Hauchard aka Squeezie, est l’invité de Thierry Ardisson dans l’émission Salut les Terriens. Nous avons alors d’un côté un YouTubeur de 21 ans* suivi par plus de 11 millions d’internautes, et de l’autre Thierry Ardisson, un vieux lion du PAF de 68 ans* qui peine à rassembler 700.000 téléspectateurs sur C8. (* au moment du tournage). Thierry Ardisson totalise une petite quarantaine d’années de présence dans le Paysage Audiovisuel Français et est connu, notamment, pour ces interviews directes et indiscrètes. Pour celles et ceux qui connaissent un peu le style de ce présentateur, il n’y a rien de surprenant à le voir tenter de faire passer Squeezie pour un jeune branleur aux yeux des téléspectateurs : Thierry Ardisson est un réactionnaire qui vit encore dans l’age d’or de la TV des années 90.

Cette condescendance de T. ARDISSON à l’encontre des vidéastes n’est malheureusement pas un cas isolé. Celle de l’écrivain Yann Moix dans l’émission “On est pas couché” est toute autant abjecte. La réussite précoce des jeunes dans un nouveau média dérange les moins jeunes de l’ancienne école. Certainement par manque d’ouverture et d’intérêt pour ce qui bouge et se transforme autour d’eux. Le refus d’accepter que le monde autour d’eux évolue dans un sens qui ne leur convient pas et préférant le confort de leur milieu déjà préformaté et aseptisé pour la ménagère de plus de 40 ans.

Le manque de tri

YouTube est à la fois un révélateur de talent mais révèle aussi l’opposé. Oui, les youtubeurs invités sur les plateaux sont talentueux mais quand on se ballade un peu sur la plateforme on tombe sur du contenu totalement inintéressant. Et c’est malheureusement ce que retiennent beaucoup trop de médias.

L’argent

D’un point de vue technique, les YouTubeurs et les programme TV produisent tous deux du contenu audiovisuel. La différence réside dans les moyens et les investissements liés à la diffusion. Le site proximustv révèle qu’une émission de l’acces prime-time (18-20h) coûte en moyenne de 40.000 à 110.000€. Une vidéo YouTube quant à elle, ne nécessite pas autant d’investissement mais possède un taux de rentabilité bien plus élevé que celui de la TV. (pour une vidéo traditionnelle face-cam par exemple comme celle-ci à 30M de vues)

Brasser de l’argent légalement et à moindre coût (comparé à la TV) peut être vu d’un mauvais œil par les professionnels de la TV et le font clairement savoir à travers des interviews aux questions déjà orientées du genre : “comment quelqu’un comme toi peut-il gagner autant d’argent devant une simple caméra”

Tous les YouTubeurs ne sont malheureusement pas dans un confort financier conséquent. Il est plus simple pour certains médias de mettre tout le monde dans le même panier par manque d’intérêt envers la profession.

Le temps de la réconciliation

Médiamétrie a récemment publié ses résultats 2018. Les français regardent toujours autant la télévision et pèse 90% du temps vidéo des ménages. Aucune concurrence à envisager donc, dans la mesure les médias autres que la TV sont considérés comme des additifs, et non des substitutifs.

Même si certains médias n’y mettent pas du leur, les YouTubeurs doivent être attentifs à leur image, bien choisir les émissions ou les reportages et cultiver cette image de façon à ce qu’elle soit comprise de tous. YouTubeur est désormais un métier à part entière, nouveau mais légitime. Il faut laisser le temps aux téléspectateurs de s’imprégner de cette nouveauté.

Fort heureusement, des chaînes y voient l’occasion de se diversifier et de s’adapter. Arte avec Nota Bene , Canal+ avec Studio Bagel par exemple.

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