CIRCUS – Le court métrage poignant d’Emy LTR

0

Dans CIRCUS, Emy LTR nous livre l’histoire poignante d’un garçon confronté au choix le plus difficile de sa vie.

Ce court métrage mérite d’être primé à bien des égards. Pour sa réalisation (Franck Marchand), pour son écriture (Emy LTR), pour les rôles (Mc Fly, Carlito, Emy LTR et Evan) et pour sa bande son (Paul Reeves (Gb 2), PRS).

Le pitch

Un enfant de 14-16 ans est confronté à un choix difficile, celui d’avoir à choisir entre son père ou sa mère dans le cadre d’un divorce.

L’interprétation (SPOILER)

Le choix du cirque n’est pas anodin. Véritable scène de vie, d’émerveillement, de spectacle et de talents en tous genres, le cirque est le parfait refuge pour un enfant qui fuit la dure réalité. Evan, qui interprète le rôle de l’enfant, se rend vite compte qu’il est le seul spectateur de “cette représentation la plus célèbre du monde”, celle du divorce.

C’est alors que toute la magie de l’écriture entre en scène. Dans un premier temps, le père et la mère entrent en scène dans des costumes qui reflètent leurs personnalités. La mère en chef de scène dominatrice et le père en nounours doux et docile. Les scènes qui suivent représentent à la fois l’évolution du couple mais aussi la façon dont l’enfant voit ses parents au fil du temps.

Le clown

Le père apparaît ensuite en clown, maladroit et susceptible. L’enfant fait quant à lui preuve de maturité en le rassurant et en l’aidant à se relever. Une aide que l’on peut interpréter comme une main tendue pour essuyer l’échec du père à vouloir divertir son enfant.

La sirène

L’enfant voit ici sa mère comme une sirène resplendissante, symbole de beauté et de liberté. Pourtant il décèle un problème et voit sa mère triste. Triste de ne pas être dans son élément, la mer. Une mère qui ne se sent pas à sa place et qui semble déçue. C’est alors que l’enfant, comme avec son père, lui remonte le moral avec des promesses.

Le magicien et son assistante

Le père en magicien et la mère en assistante dans une entente et une complicité parfaite. Le père a repris confiance en lui et la mère a quant à elle retrouvé le sourire. Cette fois c’est le père qui se pose en moralisateur : “parfois il faut apprendre à observer pour être émerveillé”. Une phrase assez lourde de sens dans ce spectacle de la vie qui repose beaucoup sur l’observation.

L’acrobate

La mère est vue ici par l’enfant comme une acrobate talentueuse. Un mère capable de réaliser des choses difficiles que l’enfant redoute à son tour de faire. C’est à elle que revient le rôle, cette fois, de protéger, rassurer en encourager son enfant : “parfois il suffit juste de trouver le bon équilibre et de saisir une main tendue”.

Le lancer de couteaux

Cette scène marque un tournant dans la vie de l’enfant. C’est le moment où il prend de l’assurance encouragé par ses parents. Le père n’est plus le nounours candide d’autrefois et la mère est tellement fière de son enfant.

Le choix

Tous les rêves ont une fin. Rappelé à la réalité par le maître des lieux, Monsieur Loyal (Carlito), l’enfant se doit de choisir entre son père et sa mère et ce, en dépit de toutes ses visions qui le bercent.

Capture CIRCUS ©EMY LTRRemarquez ce magnifique plan inquisiteur à la première personne. On s’y sent petit, mal à l’aise, à l’étroit, visé et peut-être même jugé. C’est le plan clef du court métrage qui explique l’évasion de l’enfant dans son propre monde. On y retrouve également les détails qui expliquent la présence des personnages du cirque. L’ours sur le T-shirt, le tatouage de sirène sur l’avant-bras de la mère.

“Ne pas choisir, c’est encore choisir”

Dans son imagination, l’enfant préfère retourner dans son monde pour ne pas avoir à choisir : “Tant que ce moment existe, je n’ai pas besoin de choisir” déclare-t-il. Une déclaration qui fait écho à celle de J.P SARTRE: “ne pas choisir, c’est encore choisir”

Laisser un commentaire